Vie interne

La Franc-Maçonnerie travaille au perfectionnement intellectuel et moral de l'humanité en étudiant son évolution. Les membres de ses ateliers restent sans cesse en alerte devant les changements politiques, économiques et sociaux ; ils s'efforcent de les aborder lucidement selon une démarche de citoyen du monde. Pour tout ce qui regarde la politique de la cité, la Grande Loge Mixte Universelle prend des engagements conformes à sa constitution mais, en respectant la tradition maçonnique de plus de 250 ans, elle se garde d'intervenir directement dans les querelles du pouvoir. Cependant, ses membres conservent, à titre individuel, leur liberté de pratique politique et associative à l'exclusion de toute idéologie prônant la discrimination raciale ou religieuse.

L'atelier ou loge, cellule de base de l'Obédience, est le lieu de rencontre et de travail privilégié où des hommes et des femmes éprouvent le besoin de confronter leurs expériences. La diversité d'origine et de provenance de ses membres, la mixité des ateliers, la pratique de la liberté absolue de conscience font l'originalité de la Grande Loge Mixte Universelle : la richesse de la pensée maçonnique tient dans son pluralisme, essence de la démocratie.

Chaque année, le Convent, qui est l'assemblée générale annuelle des délégués des ateliers et qui détient le pouvoir législatif, soumet à l'étude des loges des questions d'intérêt général qui font, dans le courant de l'année suivante, l'objet de travaux critiques, de conférences et de discussions.

Chaque loge établit un rapport sur ces questions et l'ensemble de ces rapports donne lieu à un travail de synthèse voté par les délégués des loges au convent suivant. Ainsi, les problèmes débattus ces dernières années dans les loges de la Grande Loge Mixte Universelle ont été : la laïcité, les mutations génétiques, l'immigration, les droits de l'enfance, le droit au travail, la télématique, etc.

En plus de ces questions, chaque loge traite librement les sujets de son choix.

Ces sujets témoignent de la variété, de l'éclectisme des loges. Ils montrent l'enrichissement culturel que les frères et sœurs peuvent retirer de la fréquentation d'une loge. Bien entendu, les sujets traités varient suivant l'esprit de l'atelier et la compétence de ses membres. Par le travail de réflexion qu'ils élaborent, les frères et sœurs sont, à leur manière, des artisans volontaires d'une formation permanente dont nombre d'entre eux ressentent les bienfaits dans leur façon d'être, dans leur métier ou dans leur vie sociale. La vie maçonnique n'est pas une fin en soi, et la loge n'est pas un club de réflexion neutre ou une assemblée de rhéteurs mais une association d'hommes et de femmes qui affirment leur force de proposition. Le repli sur soi, la recherche dans nos loges d'un abri préservé du tumulte de la vie profane est non seulement une illusion mais une déviation de l'idéal maçonnique.

Les loges maçonniques ne sont pas des refuges pour les indécis, les angoissés, les désemparés. Elles sont des lieux où l'on critique, où l'on conteste, où l'on propose. En effet, l'engagement maçonnique implique la nécessité de ne se couper ni du développement des connaissances, ni des questions qui se posent au monde d'aujourd'hui. Ce n'est qu'à cette condition que notre parole est intelligible et écoutée.

Afin de pouvoir jouer au service de l'humanité le rôle qu'elles se sont proposé, les loges de la Grande Loge Mixte Universelle se donnent les moyens d'accomplir leur tâche en organisant démocratiquement leurs travaux et en répartissant les activités entre leurs membres. Tout le monde est concerné par cette nécessité. Les charges que certains ou certaines occupent leur donnent des responsabilités et devoirs qu'ils ne confondent pas avec d'illusoires honneurs.