La fraternité

Les loges maçonniques sont des " réunions d'ami(e)s choisi(e)s ", comme l'indique le titre distinctif de loges fort anciennes. Le choix est fait d'un frère ou d'une sœur, qui sera le frère ou la sœur de tous.

Mais ce choix est un pari et parfois une erreur. Nul ne peut s'offenser d'être tenu en dehors d'une loge. Il ou elle ne peut s'asseoir à la table de famille que si ou elle y a été invité(e). La fraternisation n'est vraiment possible qu'entre individus libérés.

Elle ne peut pas, elle ne doit pas, sous peine d'être une caricature, se traduire par une action contraignante ou réductrice qui viserait à gommer la diversité des personnalités et à couler tous les frères et sœurs dans le même moule. Il faut un long travail sur soi pour que l'affectivité soit enfin dépassée et que la raison domine avec harmonie.

L'amour fraternel est une valeur subversive : il interdit l'atomisation de la société, auquel aboutit l'individualisme forcené de nos sociétés occidentales. L'amour fraternel est le premier pas de notre idéal d'universalisme. C'est la concrétisation de l'altruisme que nous tentons de mettre en pratique dans la loge et au-dehors.

La fraternité laïque qui est la nôtre débouche tout naturellement sur la solidarité.